L’état pelliculaire : facteurs

La sécrétion de Sébum

Plusieurs arguments impliquent l’activité sébacée dans l’apparition des pellicules.

D’une part, la chronologie : l’apparition de pellicules est concomitante avec les poussées de l’activité sébacée. Elles apparaissent majoritairement à la puberté et commencent à décroitre après la quarantaine avec la baisse de l’activité sébacée.

D’autre part, la topographie: l’activité sébacée sur le cuir chevelu est élevée. On notera cependant que la sécrétion sébacée chez les sujets atteints de pellicules n’est pas supérieure à celle des sujets sains. En d’autre terme, les pellicules sont liées à la présence de Sébum et non à une augmentation de la sécrétion sébacée sur le cuir chevelu.

La prolifération de Malassezia et sa conséquence

Les Malassezia sont des levures (champignons unicellulaires) qui sont connues de longue date en pathologie humaine. On en distingue aujourd’hui 13 espèces. Les plus connues sont Malassezia Furfur (pityrosporum ovale) et Malassezia Globoza qui sont notamment impliquées dans la dermite séborrhéique. Les Malassezia font partie de la flore commensale cutanée normale chez l’homme et les animaux.

Les Malassezia sont presque toutes lipodépendantes du fait de leur incapacité à synthétiser certains acides gras. Elles colonisent donc principalement les zones riches en glandes sébacées.

Les Malassezia produisent une grande variété d’hydrolases, une classe d’enzymes allergènes, dont on suspecte qu’elles soient à l’origine de la réponse inflammatoire de l’épiderme en leur présence.

Plusieurs études démontrent d’une part, que Malessezia se développe d’autant plus que le pH de son environnement est élevé et d’autre part, que la production d’enzymes allergènes par Malassezia est aussi d’autant plus élevée que le pH de l’environnement est élevé.

De nombreuses études mettent en évidence l’implication de la Malassezia dans l’état pelliculaire courant et la dermite séborrhéique. On notera en particulier :

  • que les lésions dues à la dermite séborrhéique se situent sur les zones où la densité de la levure est la plus forte;
  • que la quantité de Malassezia dans la flore commensale est beaucoup plus importante (le double) chez les sujets atteints de dermite séborrhéique que chez les sujets sains;
  • que la diminution de la Malassezia avec des traitements antifongiques réduit fortement les pellicules alors que la diminution des bactéries de la flore commensale n’a pas d’impact sur la présence des pellicules;
  • que les pellicules réapparaissent dès que la colonisation de l’épiderme par la Malassezia recommence.

Il a été démontré que le metabolisme (les réactions chimiques dans un être vivant) de la levure Malassezia influence la composition du sebum qui contient beaucoup plus d’acides gras libres (presque le triple) en présence de la levure qu’à son état natif sans la présence de la levure. Le sebum modifié par la présence excessive de Malassezia altère la Couche cornée, provoque des inflammations et une Desquamation plus importante et entretien une Hyperséborrhée.

La prédisposition génétique

Chez les sujets sains, la levure Malassezia se comporte en commensal ce qui signifie qu’elle colonise la peau ou les muqueuses sans provoquer de maladie. La raison pour laquelle Malassezia se comporte en pathogène chez certains sujets est encore mal élucidée. Cependant, il est désormais couramment admis que l’état pelliculaire courant et la dermite séborrhéique du cuir chevelu ne sont pas provoqués par une croissance accrue de Malassezia mais par une sensibilité individuelle à développer la maladie. En l’état actuel des connaissances, si la prédisposition génétique est largement suspectée, elle n’est cependant pas encore scientifiquement établie.

Les facteurs externes

L’influence du stress, longtemps suspectée et observée empiriquement, a été démontrée assez récemment par plusieurs études. Les sujets atteints d’état pelliculaire courant et de dermite séborrhéique du cuir chevelu indiquent que le stress (ce terme recouvrait le stress mais aussi la fatigue, les contrariétés, les émotions, l’angoisse, l’anxiété, les mauvais souvenirs, la surcharge de travail) était, dans 50% à 80% des cas selon les études, le facteur déclenchant habituel d’une phase d’apparition des pellicules.
Le climat joue aussi un rôle significatif: poussées plus importantes en hiver, amélioration nette en été avec l’exposition solaire mais aussi l’effet de la luminosité.
Enfin, la pollution pourrait influencer les poussées mais aucune étude à ce jour ne vient le démontrer.